4. Fédérer les entreprises pour changer les pratiques vers une économie plus circulaire…

Dans ce domaine, les initiatives destinées à promouvoir l’économie circulaire se multiplient tant le champ d’action est vaste et fertile pour changer les pratiques des entreprises, tant en ce qui concerne :

  • exemples de productions locales, bio pour une économie plus circulaire : brasserie, agroécologie…
  • un nouveau mode de production plus respectueux de l’environnement : l’éco-conception !
  • la mise en œuvre d’idée simples et efficaces pour remplacer le plastique pour fabriquer des pailles,des bouteilles en lin…
  • la possibilité de s’inspirer du vivant tout en valorisant les ressources locales comme l’expliquent les adeptes de l’économie bleue et de l’économie de la connaissance…
  • la rémunération des petits producteurs avec la création de Points de Vente Collectifs pour leur assurer un revenu décents et sortir de l’étranglement des grandes surfaces,
  • la sensibilisation des entreprises (grandes ou petites) au problèmes environnementaux par le versement à des associations agréées d’1% de leur chiffre d’affaires, par la lutte contre la pêche industrielle,
  • l’initiative d’entreprises qui favorisent le bien-être de leurs salariés sans rogner sur la productivité en instaurant une semaine de 4 jours travaillés au lieu de 5 face à une habitude en France très peu productive qu’on appelle le présentéisme…
  • la répartition des bénéfices des entreprises (ou salaires des hauts fonctionnaires de l’État en France) : tout le monde n’a pas la même part du gâteau…

Exemples de productions locales :

Une brasserie :




Deux jeunes frères se lancent dans la création de deux activités complémentaires : une micro brasserie et du maraîchage (légumes, houblonnière). Tous les ingrédients d’un économie circulaire sont réunis : productions écologiques, locale (distribution aussi),  récupération de l’eau usagée, matières premières françaises (malt, houblons)… Comme ils le disent eux-mêmes :

« Produire localement à petite échelle c’est possible ! Il est important de dynamiser les territoires localement avec une production au service des habitants du village et des villages alentours. »

Des petites fermes agricoles :

La France perd ses agriculteurs donc ses emplois dans ce secteur : évalués à 384 personnes (pertes directes ou directes) au chômage par jour rien que dans notre beau pays soit 200 exploitations qui disparaissent par semaine… ! Alors que, d’un autre côté, d’après l’ONU, aujourd’hui, les petites fermes produisent 70% de l’alimentation mondiale tout en occupant moins de 1/4 des terres à l’échelle globale !

Devant ce constat, l’association SOL a lancé le projet « Biofermes » (sur le plan national mais aussi international) en partenariat avec de nombreuses associations, pour favoriser la création et le maintien de petites fermes françaises car le modèle intensif est un échec patent (perte de la biodiversité, eau polluée, nourriture contaminée, revenus plus que précaires des agriculteurs…). Ainsi, l’association essaie de réduire les freins au développement local dans ce domaine (accès au foncier très difficile, pression des lobbies agroalimentaires…).

Produire en respectant l’environnement grâce à l’éco-conception :

L’éco-conception est « l’intégration systématique des aspects environnementaux dès la conception et le développement de produits (biens et services, systèmes) avec pour objectif la réduction des impacts environnementaux négatifs tout au long de leur cycle de vie à service rendu équivalent ou supérieur ». Ainsi, comme il est précisé dans cette vidéo, créer et proposer un produit (ou un service) « éco-conçu » s’inscrit dans une démarche globale qui prend en compte son impact sur l’environnement à toutes les étapes du cycle de vie de l’objet. Ce sera pas mal non pour voir naître une économie véritablement circulaire ? De très nombreux exemples (un millier !) ICI.

Des créateurs de génie qui mettent tout leur talent pour éliminer le plastique :

Exemple 1 avec 2 amis normands (un agriculteur et un designer) qui ont créé ensemble des pailles en… paille (bio de surcroît et fabriquées « avec amour » comme ils l’expliquent sur leur page !) car, avant qu’apparaisse le plastique, nos ancêtres utilisaient déjà des tiges de céréales ! Et c’est parti : 1,5 ha de seigle (la céréale la plus apte à remplir ce service) ont été semés pour obtenir 500 000 pailles qui seront vendues par lot de 100 au prix de 8€. Idem pour une entreprise coréenne qui fabrique des pailles comestibles 100% recyclables : coût encore relativement cher par rapport aux pailles en plastique mais il suffirait d’augmenter la production !

Exemple 2 avec cette autre invention française : des bouteilles en lin et en résine de pin pour en finir avec ses homologues en plastique (ou en verre) comme l’explique l’entreprise nommée « Green Gen Technologies »  (plus légère, bilan carbone bien moins lourd, incassable…) :

Exemple 3 avec ce fabricant de barres énergétiques (artisanales, crues, bio et végan !) « COOKNRUN » qui a décidé de ne plus utiliser d’emballages plastiques mais uniquement avec une alternative 100% végétale, une première en France !

L’économie bleue et l’économie de la connaissance pour s’inspirer du vivant et retrouver l’abondance pour tous !

Il ne s’agit pas de parler de « l’économie rouge » qui a dominé le monde après la seconde guerre mondiale (très polluante et uniquement centrée sur la sacro-sainte croissance) mais plutôt d’un complément à l’économie verte (qui prône le développement durable avec des produits bio et éthiques trop chers inaccessibles aux plus pauvres) comme l’explique son créateur (un ex-entrepreneur belge) Gunter Paoli : modifier nos modes de production en s’inspirant de la nature pour pouvoir survivre, créer de l’abondance en utilisant ce que l’on a autour de nous avec parcimonie pour répondre aux besoins de tous et sans aucun déchet (comme la nature le fait !)…

Cette économie, basée sur le biomimétisme (ou comment copier la vie, la nature) ne va pas piller l’environnement et polluer mais bien devenir circulaire en copiant les écosystèmes de la nature « qui fonctionnent en « cascade » : chaque règne sert l’autre, les déchets des uns sont la matière première des autres« . Ainsi, l’abondance pour tous est possible.

Un grand chercheur nommé Idriss Aberkane prône lui aussi cette économie circulaire en utilisant l’économie de la connaissance (par définition infinie) pour relancer une croissance « bleue » qui, grâce à ces savoirs, s’adaptera, évoluera au rythme des découvertes scientifiques qui s’appuieront sur la nature sans la détruire. Ainsi, comme l’explique Gunter Paoli, « Ce n’est pas à la nature de produire comme nos usines, ce sont à nos usines de produire comme la nature pour être plus rentable et sans déchets« .

C’est une vraie révolution qui n’est pas seulement technologique mais qui sera aussi sociale et environnementale :

Des exemples de points de vente (P.V.C.) collectif agricoles pour assurer un débouché de produits locaux :

Les P.V.C. ou comment vendre des produits locaux directement, sans intermédiaires, au prix le plus juste grâce au soutien de l’Union Européenne. Exemples avec la coopérative agricole Hop’Là en Alsace (une cinquantaine de fermes) et des magasins (au nombre de 3 en 2019) à l’enseigne nommée Couleurs paysannes dans la région PACA. C’est un moyen efficace :

  • de lutter contre la grande distribution dont les marges étranglent beaucoup d’agriculteurs travaillant à perte,
  • pour créer des emplois locaux non délocalisables
  • et pour créer des vocations, l’avenir s’éclaircissant…

Autre exemple de P.V.C. avec quelques 9000 producteurs de l’Aveyron (UNICOR) qui créent eux aussi leurs propres supermarchés pour diffuser leurs produits divers et variés avec pour objectif de réduire les intermédiaires et de défendre en personne leurs produits locaux en créant des emplois !

Apparemment, dans le même sens, les consommateurs désirent de plus en plus éviter, quand ils le peuvent, la consommation de masse car on observe une baisse des ventes dans les grandes surfaces (même si elle peut s’expliquer par la baisse démographique) et même une décision des grands distributeurs de ne plus ouvrir d’hypermarchés. La tendance actuelle qui porte les P.V.C. : consommer moins, local et de qualité comme l’explique ce petit reportage :

Sensibiliser les entreprises et associations à travailler ensemble pour le climat en créant un mécénat en faveur de l’environnement :

Aujourd’hui, les actions pour l’environnement ne représentent que 3% des sommes versées par les entreprises dans le cadre d’un mécénat alors que, d’un autre côté, les problèmes climatiques sont immenses et nécessitent un intérêt immédiat… C’est ce paradoxe qui est à l’origine de « 1% for the planet« .

L’objectif est de demander aux entreprises (comme le témoignent ces responsables ci-dessus dans ces 3 vidéos) d’augmenter leur philanthropie environnementale en versant  1% de leur chiffre d’affaires par an à des associations engagées en faveur de l’environnement à travers six causes :

  • climat,
  • alimentation,
  • espaces naturels,
  • pollution eau
  • et vie sauvage.

Il existe plus de 500 associations agréées en France à qui le don peut être adressé. Leur site regroupe des exemples d’actions concrètes menées au niveau national et international et liste l’ensemble des entreprises qui versent ces 1%..

La rentabilité des entreprises liées à la pêche industrielle : un scandale écologique légal !

Comme il a été très bien expliqué dans ces vidéos, des techniques de pêche industrielle comme le DCP (Dispositif de Concentration de Poissons) mettent en danger l’équilibre de certaines espèces de poissons : il est temps d’y mettre fin !

Instaurer une semaine de travail de 4 jours en entreprise au lieu de 5 :

Est-il possible, dans cette nouvelle économie, de bousculer certaines vieilles idées sur l’organisation et le fonctionnement d’une entreprise comme celle de vouloir proposer à ses salariés 5 ou 6 jours de travail par semaine ? Oui, cette société néo zélandaise « Perpetual Guardian«  (240 personnes, 16 agences dans tout le pays) l’a fait en proposant une semaine de 4 jours payée 5 !

Résultat : les salariés sont globalement plus heureux et productifs (même s’ils peuvent être un peu désorientés) et peuvent passer plus de temps en famille ou à leurs loisirs, une solution gagnant-gagnant comme l’explique ce reportage signé Courrier International. Le PDG de l’entreprise, Andrew Barnes, compte bien pérenniser ce système (car le test n’a duré que 2 mois en 2018) d’autant qu’il est encouragé et soutenu par l’État Néo Zélandais (ministère du travail) et qu’une enquête interne (après ce test) montre que 78% des salariés arrivent à « concilier de manière satisfaisante leurs obligations professionnelles et leur vie personnelle » contre 54% avant ce test.

A contrario, on observe depuis longtemps un travers typiquement français : le présentéisme, un travers typiquement français qui réduit la productivité :

Mieux répartir les bénéfices pour éviter les conflits :

Petite vidéo très efficace qui explique très bien comment aujourd’hui (statistiques de 2018) la répartition des bénéfices est opérée et pourquoi des mécontentements apparaissent… Problématique inverse aux plus sommets de l’État pour les salaires (très élevés !) des plus hauts fonctionnaires comme le montre cette vidéo :